Il y a des voyages qui se préparent avec une précision militaire. Et puis il y a ceux qui commencent par une carte posée sur la table, deux cafés refroidis et cette question simple : « Et si on partait en Italie en van ? »
Nous avons choisi la seconde méthode. L’idée était de prendre la route sans chercher à tout contrôler, de dormir près d’un lac, de traverser des villages accrochés aux collines et de goûter la dolce vita à notre rythme. Pas celle des cartes postales uniquement, mais celle des petits marchés, des routes secondaires, des baignades improvisées et des soirées où l’on mange des pâtes face à un paysage que l’on n’aurait jamais trouvé dans un guide.
Notre itinéraire a relié le nord de l’Italie aux grands lacs, à la Toscane et à quelques villages où le temps semble avoir décidé de ralentir. Un road trip d’environ deux semaines, modulable selon vos envies, votre budget et votre capacité à résister à l’appel d’un nouveau glacier.
Pourquoi choisir l’Italie pour un road trip en van ?
L’Italie possède ce talent rare de changer de décor sans prévenir. En quelques heures de route, on passe des sommets alpins aux rives d’un lac, puis des collines couvertes de vignes aux ruelles médiévales d’un village toscan.
Le pays se prête particulièrement bien au voyage en van, à condition d’accepter une règle essentielle : ne pas vouloir aller trop vite. Les distances paraissent raisonnables sur une carte, mais les routes sinueuses, les traversées de villages et les pauses impromptues rallongent toujours le trajet. Et c’est précisément ce qui fait le charme du voyage.
Un van permet de rester au plus près des paysages. On peut se réveiller face à l’eau, préparer un café dans une oliveraie autorisée ou s’arrêter dans un petit village pour acheter du pain, du fromage et quelques tomates bien mûres. En revanche, les centres historiques italiens sont souvent étroits, piétonniers et peu adaptés aux véhicules volumineux. Il faut donc apprendre à laisser le van en périphérie et à poursuivre à pied ou en transports locaux.
Notre itinéraire en un coup d’œil
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Étape 1 : les Dolomites et le lac de Garde, pour commencer entre montagnes et eaux turquoise.
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Étape 2 : le lac de Côme, avec ses villages élégants et ses traversées en bateau.
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Étape 3 : les Cinque Terre et la côte ligure, à découvrir principalement à pied et en train.
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Étape 4 : la Toscane, entre Florence, Sienne, San Gimignano et les routes bordées de cyprès.
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Étape 5 : l’Ombrie, plus discrète, pour retrouver une Italie rurale et paisible.
Ce parcours peut être raccourci ou prolongé. Si vous disposez d’une semaine, concentrez-vous sur les lacs et la Toscane. Avec trois semaines, vous pouvez ajouter la Vénétie, l’Émilie-Romagne ou descendre vers la côte amalfitaine. Mais attention : vouloir tout voir en Italie revient un peu à vouloir goûter toutes les glaces d’une ville en une seule après-midi. C’est possible, mais rarement raisonnable.
Les Dolomites : une entrée spectaculaire
Nous avons commencé par les Dolomites, dans le nord du pays. Le changement de décor a été immédiat. Les routes grimpent, les vallées s’ouvrent entre de grandes parois rocheuses et les villages semblent soigneusement posés dans les prairies.
Le lac de Braies est l’un des sites les plus connus de la région. Son eau claire, entourée de montagnes, possède une beauté presque irréelle. En haute saison, la fréquentation peut être importante et l’accès est réglementé à certaines périodes. Il est donc préférable de vérifier les conditions avant de s’y rendre et d’arriver tôt.
Nous avons également apprécié le lac de Misurina, plus paisible à certains moments de la journée. Une promenade autour du lac suffit à prendre la mesure du paysage. Le matin, lorsque les montagnes se reflètent dans l’eau et que les premiers marcheurs apparaissent, le van paraît soudain être le meilleur hôtel du monde.
Pour dormir, privilégiez les aires officielles et les campings. Le bivouac sauvage est réglementé et peut être interdit selon les communes ou les zones naturelles. En Italie, mieux vaut respecter la signalisation et demander conseil aux offices de tourisme locaux. Une nuit tranquille vaut mieux qu’un réveil au son d’une amende glissée sous l’essuie-glace.
Le lac de Garde : villages colorés et baignades matinales
En descendant vers le lac de Garde, les paysages deviennent plus doux. Les montagnes s’éloignent, les oliviers apparaissent et l’air prend une tonalité méditerranéenne.
Sirmione est probablement le village le plus emblématique du lac. Installée sur une presqu’île, la cité attire de nombreux visiteurs, notamment autour de son château et de ses ruelles commerçantes. Avec un van, il est préférable de stationner en dehors du centre et de poursuivre à pied. Les rues sont étroites et les places de stationnement rares.
Nous avons préféré flâner tôt le matin, avant que les groupes ne remplissent les petites rues. C’est à cette heure que Sirmione révèle une autre personnalité : celle d’un village encore endormi, avec un boulanger qui ouvre sa boutique et des habitants qui promènent leur chien le long de l’eau.
Malcesine, sur la rive orientale, mérite également une halte. Son château domine le lac et son centre historique invite à la promenade. Depuis cette partie du lac, il est possible de prendre un bateau pour rejoindre plusieurs villages sans déplacer le van. Une solution agréable, pratique et beaucoup moins stressante que de chercher une place dans chaque port.
Pour une pause baignade, renseignez-vous sur les plages publiques et les zones autorisées. Certaines rives sont aménagées, d’autres plus sauvages, mais la prudence reste nécessaire : les fonds peuvent être rapidement profonds et les abords glissants.
Le lac de Côme : prendre le temps de regarder
Le lac de Côme a une élégance particulière. Les villas, les jardins et les montagnes qui plongent directement dans l’eau composent un décor presque cinématographique. On comprend pourquoi cette région attire autant les voyageurs, les artistes et les amateurs de belles demeures.
Bellagio est souvent présenté comme le joyau du lac. Le village est effectivement superbe, mais il est aussi très fréquenté. Là encore, le van doit rester à l’écart. Nous avons choisi de stationner dans une zone adaptée, puis de rejoindre le centre en bateau. Cette arrivée par l’eau change tout : les façades colorées se dévoilent lentement, les clochers émergent au-dessus des toits et le lac donne l’impression de nous accueillir personnellement.
Varenna, sur la rive orientale, nous a davantage séduits par son atmosphère tranquille. Une passerelle longe l’eau, les maisons s’accrochent à la pente et les terrasses offrent une vue magnifique pour un déjeuner simple. Une assiette de pâtes, un verre de vin local et quelques minutes sans regarder l’heure : parfois, la dolce vita ne demande pas davantage.
Le réseau de bateaux est très utile pour explorer le lac. Consultez les horaires à l’avance, surtout hors saison, car les rotations peuvent être moins nombreuses. Gardez également une marge : en voyage, le bateau que l’on rate est souvent celui qui nous oblige à découvrir un café inattendu.
Les Cinque Terre : abandonner le volant
Les Cinque Terre ne sont pas une destination idéale pour circuler en van. Les routes sont étroites, les villages escarpés et les possibilités de stationnement limitées. Le meilleur choix consiste à installer le van dans un camping ou une aire située à l’extérieur, puis à utiliser le train.
Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore possèdent chacun leur caractère. Monterosso est appréciée pour sa plage, Vernazza pour son petit port, Corniglia pour sa position en hauteur, Manarola pour ses maisons colorées et Riomaggiore pour ses ruelles verticales.
Nous avons choisi de ne pas courir après les cinq villages en une journée. Deux ou trois étapes suffisent pour profiter réellement des lieux. Les sentiers de randonnée peuvent être fermés selon la météo ou l’état des chemins. Avant de partir, vérifiez les accès et prévoyez de bonnes chaussures : les paysages sont magnifiques, mais les escaliers italiens ont parfois une conception très personnelle de la promenade facile.
Le train permet de relier rapidement les villages et d’éviter la fatigue. En haute saison, les quais peuvent être bondés. Voyager tôt ou en fin de journée offre une expérience plus agréable, avec une lumière plus douce sur les façades et un peu moins de monde dans les ruelles.
La Toscane : notre grande parenthèse italienne
Après les lacs et la côte ligure, la Toscane nous a offert ce que nous étions venus chercher sans le savoir : de longues routes tranquilles, des collines ondulantes et cette impression que chaque virage cache une scène de film.
Florence est incontournable pour ses musées, ses palais et ses églises. Mais la ville est peu adaptée à la circulation en van. Il faut impérativement éviter les zones à trafic limité, signalées par le fameux système ZTL. Une caméra peut enregistrer votre plaque et transformer une belle journée en souvenir administratif plusieurs semaines plus tard.
Nous avons laissé le van en périphérie, dans une aire ou un camping bien desservi, puis rejoint le centre en bus ou en tramway. Cette organisation demande un peu de préparation, mais elle permet de visiter Florence sans tourner pendant une heure à la recherche d’une place impossible.
À Sienne, l’atmosphère est différente. La Piazza del Campo, avec sa forme de coquillage, constitue le cœur de la ville. Nous nous y sommes assis en fin d’après-midi, simplement pour observer les habitants, les étudiants et les voyageurs. Un lieu peut être célèbre et rester profondément vivant : tout dépend de l’heure à laquelle on le rencontre.
San Gimignano mérite également une halte. Ses tours médiévales dominent les collines et son centre historique se découvre facilement à pied. Évitez les heures les plus chargées si vous souhaitez apprécier les rues sans avoir l’impression de participer à une marche collective vers un glacier.
Dormir en van en Italie : nos conseils pratiques
Le stationnement nocturne et le bivouac ne répondent pas partout aux mêmes règles. Il faut distinguer le simple stationnement, le camping et l’installation extérieure. Sortir une table, des chaises ou un auvent peut être considéré comme du camping, même si le véhicule est garé sur une place autorisée.
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Utilisez les applications spécialisées pour repérer les aires, campings et points de services, mais vérifiez toujours les commentaires récents.
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Privilégiez les campings proches des grandes villes et des lacs très fréquentés.
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Demandez l’autorisation avant de dormir sur un terrain privé ou dans une ferme.
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Arrivez avant la nuit pour repérer facilement l’accès et éviter les manœuvres délicates.
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Ne videz jamais les eaux usées dans la nature et respectez les espaces traversés.
Les aires italiennes peuvent être très simples ou parfaitement équipées. Certaines proposent l’eau, l’électricité et la vidange, d’autres offrent seulement un emplacement. Dans tous les cas, l’accueil est souvent plus chaleureux lorsque l’on prend le temps de saluer et de demander quelques conseils. Un sourire fonctionne dans beaucoup de langues.
Budget, routes et conduite
Le budget dépend fortement de la saison et du niveau de confort recherché. Les campings autour des lacs et des grandes villes sont généralement plus chers que les aires situées à la campagne. Ajoutez les péages, le carburant, les parkings, les billets de bateau et les visites culturelles.
Les autoroutes italiennes permettent de gagner du temps, mais les routes secondaires sont souvent bien plus intéressantes. Elles traversent des bourgs, des vignobles et des paysages que l’on ne voit jamais depuis une voie rapide. Notre méthode consistait à utiliser l’autoroute pour les grandes liaisons, puis à ralentir dès que la destination approchait.
Dans les villages, la prudence est indispensable. Les rues peuvent être très étroites, les scooters surgissent sans prévenir et les GPS ne comprennent pas toujours qu’un véhicule de deux mètres de haut ne peut pas emprunter une ruelle médiévale. Téléchargez les cartes hors connexion et vérifiez l’itinéraire avec une application adaptée aux dimensions du van.
Ce que nous retenons de ce voyage
Notre road trip en Italie nous a rappelé qu’un itinéraire réussi n’est pas celui qui contient le plus d’étapes. C’est celui qui laisse assez de place aux détours.
Nous avons aimé les grands paysages, bien sûr. Les Dolomites au réveil, les reflets du lac de Côme, les maisons colorées des Cinque Terre et les collines toscanes ont rempli nos carnets de route. Mais les souvenirs les plus précis viennent souvent d’ailleurs : un vendeur de fruits qui nous a offert une pêche, une vieille dame indiquant un chemin avec trois mots d’italien et beaucoup de gestes, ou ce dîner improvisé devant le van alors que le ciel devenait rose.
Voyager en van en Italie, c’est accepter l’imprévu sans renoncer au confort. C’est pouvoir changer de vallée parce qu’une lumière nous attire, rester une nuit de plus près d’un lac ou prendre un café dans un village dont on n’avait jamais entendu parler.
Alors, faut-il partir avec un itinéraire parfaitement ficelé ? Prévoir les grandes étapes, oui. Laisser quelques cases vides, absolument. Car la dolce vita ne se trouve pas toujours à l’endroit indiqué sur la carte. Parfois, elle attend simplement au prochain virage, entre un clocher, une vigne et une odeur de basilic qui s’échappe d’une fenêtre.