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Road trip Morvan : notre escapade nature en van à deux velos

Road trip Morvan : notre escapade nature en van à deux velos

Road trip Morvan : notre escapade nature en van à deux velos

Le Morvan ne cherche pas à impressionner. Il ne possède ni les sommets les plus hauts de France, ni les routes les plus célèbres, ni les villages les plus photographiés. Et c’est peut-être précisément pour cela qu’on l’aime. Ici, les forêts épaisses succèdent aux lacs, les petites routes ondulent entre les prairies et les matins commencent souvent dans une brume légère, comme si le paysage n’était pas encore tout à fait réveillé.

Pour notre escapade, nous avons choisi de partir à deux, en van, avec deux vélos à l’arrière. Une formule simple, presque évidente : le van pour dormir au plus près de la nature, les vélos pour ralentir et explorer les chemins autrement. Dans le Morvan, cette combinaison fonctionne à merveille. On peut changer de vallée en quelques kilomètres, s’arrêter près d’un point de vue, enfourcher les vélos et laisser la journée décider de la suite.

Pourquoi choisir le Morvan pour un road trip en van ?

Situé au cœur de la Bourgogne, le Parc naturel régional du Morvan offre une impression de déconnexion rapide, même lorsqu’on vient de Paris ou d’une grande agglomération. Les distances restent raisonnables, mais le changement d’ambiance est immédiat. Les routes se resserrent, les villages deviennent plus discrets et le réseau téléphonique, parfois, prend lui aussi quelques jours de congé.

Le territoire est particulièrement adapté à un road trip à deux. Les paysages sont variés sans imposer de longues heures de conduite : forêts du Haut-Morvan, grands lacs, bocages, chemins creux et villages de granit se succèdent dans un périmètre accessible. On peut donc profiter du voyage sans transformer l’escapade en marathon automobile.

Le van apporte cette liberté précieuse de se réveiller près d’un lac ou au bord d’une clairière. Les vélos, eux, permettent de quitter les axes principaux et de découvrir un Morvan plus intime. Celui des chemins tranquilles, des hameaux silencieux et des pauses improvisées devant une vieille fontaine.

Notre itinéraire pour quelques jours entre lacs et forêts

Pour une première découverte, nous avons imaginé une boucle de quatre à cinq jours. Elle peut naturellement être raccourcie ou prolongée selon la météo, l’envie de pédaler et la capacité de chacun à résister à l’appel d’un marché local ou d’une terrasse ensoleillée.

Ce parcours n’a rien d’obligatoire. Le Morvan se prête mal aux itinéraires gravés dans le marbre. Une route barrée, une averse ou un panneau indiquant un point de vue peuvent suffire à modifier le programme. Et parfois, le meilleur moment de la journée est celui qui n’était pas prévu.

Vézelay, première étape entre pierres et horizons

Vézelay constitue une belle porte d’entrée dans la région. Le village, perché sur sa colline, mérite que l’on prenne le temps de flâner dans ses ruelles. La basilique Sainte-Marie-Madeleine domine les alentours et offre, depuis ses abords, une vue dégagée sur les paysages bourguignons.

Nous y sommes arrivés en fin de matinée, avec cette envie familière de tout voir immédiatement. C’est une erreur classique du voyageur. À vouloir cocher les lieux, on oublie parfois de les habiter un instant. Alors nous avons garé le van, marché sans objectif précis et pris un café en terrasse. Une vieille dame installée à la table voisine nous a indiqué une petite boulangerie « qui ne paie pas de mine, mais où le pain est sérieux ». Elle avait raison. Le pain était sérieux. Nous aussi, pendant quelques minutes.

Vézelay est une étape culturelle intéressante avant de retrouver les grands espaces du Morvan. Si vous voyagez avec les vélos, il est préférable de stationner en périphérie et de visiter le village à pied. Les ruelles pavées ne sont pas exactement conçues pour les chargements de porte-vélos, ni pour les mollets encore endormis.

Le lac des Settons, camp de base idéal

Le lac des Settons est l’un des lieux emblématiques du Morvan. Ses rives boisées, ses petites plages et ses anses tranquilles en font un point de chute agréable pour quelques nuits. En haute saison, l’endroit peut être animé, notamment autour des activités nautiques. En dehors des périodes les plus fréquentées, il retrouve une atmosphère beaucoup plus paisible.

Le tour complet du lac représente une belle sortie à vélo, avec des portions accessibles et quelques passages plus vallonnés. Il faut toutefois garder en tête que le Morvan n’est pas parfaitement plat. Les montées ne sont jamais alpines, mais elles savent rappeler que le vélo électrique n’est pas une faiblesse : c’est parfois une stratégie diplomatique entre deux personnes qui n’ont pas la même définition du mot « petite balade ».

Nous avons consacré une matinée à longer les rives. La lumière changeait sans cesse, passant d’un gris doux à un bleu plus franc au fil des nuages. À plusieurs endroits, des chemins s’éloignent de la route et pénètrent dans la forêt. Il faut alors accepter de rouler plus lentement, de poser pied à terre et de laisser les pneus choisir leur trajectoire entre les racines.

Pour dormir en van, mieux vaut privilégier les aires autorisées, les campings ou les emplacements clairement prévus pour les véhicules aménagés. Le stationnement sauvage n’est pas toujours toléré et la popularité croissante du vanlife impose davantage de respect et de discrétion. Un emplacement laissé propre, une nuit calme et un achat chez un commerçant local font beaucoup pour préserver l’accueil des voyageurs.

Rouler à deux : la bonne organisation

Un road trip en van avec deux vélos demande un minimum d’anticipation. L’espace est compté et chaque objet finit par avoir une fonction, parfois plusieurs. Le sac de couchage devient couverture de pique-nique, la caisse de rangement sert de siège et le torchon de cuisine connaît une carrière étonnamment polyvalente.

Avant de partir, nous avons vérifié quelques éléments essentiels :

Nous avons aussi choisi de ne pas charger les vélos de sacs trop lourds. Une sacoche de selle, une petite sacoche de guidon et un coupe-vent suffisent généralement pour une journée. Le reste reste dans le van, qui devient notre base mobile et notre casier à trésors inutiles — trois livres, une poêle trop grande et une veste pour chacune des quatre saisons.

Les chemins du Morvan, entre effort et contemplation

Le réseau cyclable du Morvan permet de varier les plaisirs. Certains itinéraires empruntent des routes secondaires tranquilles, d’autres suivent des chemins forestiers ou des voies partagées. Il est important de vérifier la nature du parcours avant de partir : une boucle annoncée comme accessible peut comporter des passages caillouteux ou des dénivelés plus sérieux qu’imaginé.

Autour du lac des Settons, nous avons alterné petites routes et pistes en sous-bois. Le plaisir vient moins de la performance que du rythme. On pédale, on s’arrête, on regarde. Une clôture, un arbre fendu par l’orage, une ferme isolée dans la pente : dans une région comme le Morvan, les détails remplacent facilement les grandes attractions.

Une autre sortie intéressante mène vers le lac de Pannecière, plus sauvage et plus vaste. Ses paysages sont particulièrement beaux lorsque le ciel se couvre. Les couleurs deviennent profondes, presque cinématographiques, et le vent donne au lac une allure de mer intérieure. Prévoyez toutefois une bonne autonomie et quelques provisions : les commerces ne se trouvent pas à chaque virage.

Le mont Beuvray et la mémoire gauloise

Pour changer des lacs, le mont Beuvray offre une escapade à la fois naturelle et historique. Le site de Bibracte, ancienne cité gauloise, permet de découvrir les vestiges d’une ville installée sur les hauteurs. Le musée complète la visite avec des explications accessibles sur la vie quotidienne, les échanges et l’organisation de cette cité ancienne.

La montée demande un peu d’énergie, mais elle se mérite. Depuis les hauteurs, le regard porte loin sur les forêts du Morvan. Nous y avons retrouvé cette sensation particulière des paysages boisés : rien ne semble spectaculaire au premier regard, puis l’horizon s’élargit doucement et l’on comprend pourquoi certains viennent ici pour marcher pendant plusieurs jours.

Si vous partez à vélo, renseignez-vous sur les conditions d’accès et les possibilités de stationnement. Selon votre niveau, vous pourrez choisir de réaliser une partie de l’approche à vélo puis de poursuivre à pied. Ce n’est pas tricher. C’est simplement reconnaître que le voyage n’est pas un examen.

Que manger pendant une escapade en van ?

Le Morvan se découvre aussi par l’assiette. Les produits bourguignons ne manquent pas : fromages, charcuteries, pain de campagne, miel, œufs, confitures et plats généreux. Après une journée à vélo, une simple tartine accompagnée d’un fromage local peut prendre des airs de festin.

Nous avions prévu des repas faciles à préparer dans le van : une soupe, des salades composées, des pâtes aux légumes et quelques provisions de secours. Le secret consiste à ne pas vouloir reproduire une cuisine de restaurant dans un espace où l’on se cogne le coude contre la porte dès que l’on ouvre un placard.

Les marchés et les petites épiceries sont de précieux alliés. Acheter local permet de réduire les stocks, de soutenir les producteurs et de varier les repas. C’est aussi une bonne manière d’engager la conversation. Dans les villages, une question sur le meilleur fromage du coin peut rapidement devenir une discussion sur la météo, les travaux de la route et la récolte de l’année.

Vanlife dans le Morvan : les bons réflexes

Le Morvan donne envie de poser ses roues partout. Pourtant, la liberté du van ne signifie pas que chaque parking devient une chambre avec vue. Pour préserver les paysages et les relations avec les habitants, quelques règles simples s’imposent :

Cette discrétion n’enlève rien au plaisir. Au contraire, elle permet de voyager plus sereinement. Un bon bivouac est celui où l’on peut repartir sans laisser autre chose que quelques traces de pneus, et peut-être le souvenir d’un café bu face aux arbres.

Quand partir pour profiter pleinement du Morvan ?

Le printemps apporte des forêts lumineuses et des routes encore calmes. Les températures peuvent être fraîches le matin, mais les paysages se réveillent avec une belle énergie. L’été est plus animé autour des lacs, avec davantage d’activités nautiques et de visiteurs. Il reste agréable à condition de réserver les campings et de partir tôt sur les itinéraires populaires.

L’automne est sans doute l’une des saisons les plus séduisantes. Les feuillages prennent des teintes dorées, les brumes s’accrochent aux vallées et les sous-bois deviennent presque irréels. Il faut simplement accepter une météo changeante et des journées plus courtes. Quant à l’hiver, il offre une solitude remarquable, mais demande une bonne préparation pour le chauffage, l’humidité et les routes parfois glissantes.

Ce que nous retenons de cette échappée à deux

Notre road trip dans le Morvan n’a pas été une course entre les points d’intérêt. Nous avons roulé moins que prévu, pédalé parfois plus, et souvent changé de programme. Une averse nous a retenus dans le van avec deux cafés et un vieux jeu de cartes. Une autre fois, une route forestière nous a conduits vers un belvédère absent de tous nos plans.

Voyager à deux dans un espace réduit demande de la souplesse. Il faut apprendre à partager les placards, les décisions et les silences. Il faut aussi accepter que la personne qui affirme connaître le chemin puisse se tromper avec une confiance admirable. Mais ces petits frottements font partie du voyage. Ils deviennent souvent les anecdotes que l’on raconte ensuite avec le plus de plaisir.

Le Morvan nous a offert ce que nous étions venus chercher : des routes paisibles, de la nature, des kilomètres à vélo et cette sensation rare de ne pas avoir besoin de remplir chaque minute. Au réveil, les arbres étaient là. Le café aussi. Pour le reste, nous avions le temps.

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