Quitter l’Afrique pour repartir en van à travers l’Europe, c’est un peu comme changer de planète sans quitter la Terre. Après plusieurs mois à rouler sur les pistes africaines avec notre van, Manon et moi avons ressenti le besoin de faire une pause, de revoir la famille… et de redécouvrir notre propre continent, avec ce nouveau regard façonné par l’Afrique. Ce voyage en Europe, c’est la suite logique de notre aventure, mais aussi un véritable choc culturel, une autre manière d’habiter la route et de rêver plus grand.
Pourquoi repartir en van en Europe après un long voyage en Afrique
Le retour en Europe est souvent redouté par ceux qui voyagent longtemps. On parle de “retour à la réalité”, de “fin du rêve”. Pour nous, il était hors de question de refermer la parenthèse. Au contraire, on avait envie de prolonger l’élan, de continuer à vivre sur la route, mais dans un décor différent.
L’Afrique nous a appris à ralentir, à relativiser et à vivre avec peu. L’Europe, elle, nous offre une autre richesse :
- une grande diversité de paysages sur de petites distances ;
- une facilité de déplacement entre pays ;
- des infrastructures souvent idéales pour la vanlife ;
- une culture du camping-car déjà bien ancrée dans certains pays.
Partir en van à travers l’Europe après l’Afrique, c’est tester ce que nous avons appris : minimalisme, nomadisme, autonomie… dans un contexte beaucoup plus “confortable” et organisé.
Notre itinéraire Europe après l’Afrique : de la Méditerranée aux fjords
Nous avons imaginé notre itinéraire européen comme une grande respiration, en alternant mer, montagne, grandes villes inspirantes et coins sauvages pour se poser plusieurs jours.
Étape 1 : le sud de l’Europe, notre sas de décompression
Après les pistes africaines et les frontières parfois chaotiques, arriver par le sud de l’Europe, c’est comme atterrir en douceur. Le climat reste doux, la mer est là, le rythme de vie est plus lent que dans le nord.
Nos points de chute favoris pour ce début d’itinéraire :
- Espagne : la côte andalouse, entre petites criques, villages blancs et routes qui longent la Méditerranée. En van, on trouve facilement des spots pour dormir (en respectant la réglementation locale qui évolue souvent), et l’ambiance y est décontractée.
- Portugal : l’Algarve, mais surtout l’intérieur du pays, moins fréquenté, où l’on retrouve un accueil chaleureux et une authenticité qui nous rappelle un peu l’Afrique.
- Italie : la côte ligure, la Toscane et les Pouilles. L’Italie est le pays parfait pour mêler paysages, gastronomie et villages de caractère, tout en continuant une vie de van minimaliste.
Dans ces régions, on a pu se réhabituer à un réseau routier plus “prévisible”, tout en gardant cette liberté de s’arrêter au gré des rencontres. C’est notre sas de décompression entre deux mondes.
Étape 2 : l’Europe centrale, entre nature et patrimoine
Une fois notre “atterrissage” effectué, nous avons fait remonter notre itinéraire vers l’Europe centrale pour retrouver un peu de fraîcheur, de grandes forêts et des villes chargées d’histoire.
Parmi les destinations qui nous inspirent le plus :
- Slovénie : un pays parfait pour la vanlife, avec des lacs turquoise, des montagnes, des villages charmants et une culture très tournée vers la nature.
- Autriche : pour ses routes de montagne, ses vallées verdoyantes et ses spots au bord des lacs. C’est aussi un endroit idéal pour tester au maximum l’autonomie de notre van (eau, électricité, gestion des déchets), tout en profitant d’aires bien pensées.
- Croatie : côté mer Adriatique, les routes côtières offrent des panoramas fabuleux, et l’on peut facilement alterner entre baignades, randonnées et visites de villes fortifiées.
Après l’Afrique, on savoure la facilité d’accès à de multiples pays sans formalités complexes, sans visas à anticiper pendant des semaines. Pour un road trip en van, c’est un luxe incroyable.
Étape 3 : le nord de l’Europe, l’appel du grand air
Si l’Afrique nous a donné le goût des grands espaces et des nuits à la belle étoile, le nord de l’Europe nous attire pour une autre raison : cette sensation d’immensité, de nature brute et presque silencieuse.
Le plan : remonter progressivement vers les pays scandinaves, avec plusieurs objectifs :
- Suède et Norvège : bivouacs au bord des lacs, forêts à perte de vue, routes panoramiques et, si la saison le permet, quelques nuits sous le soleil de minuit.
- Finlande : recherche de spots en pleine nature, nuits en “off-grid” pour tester encore plus notre autonomie, et rencontres avec des locaux passionnés par la vie en plein air.
Après la chaleur africaine, le froid du nord représente un nouveau défi en van : isolation, chauffage, gestion de la condensation, organisation du quotidien quand les journées sont plus courtes… mais c’est aussi une autre façon de vivre la route.
Le choc culturel : de l’imprévu permanent à l’hyper-organisation
Passer des routes africaines aux autoroutes européennes, ça bouscule. Mais ce n’est pas seulement une question d’infrastructures, c’est surtout un choc dans la manière de vivre le voyage.
Des rapports humains différents
En Afrique, nous avons souvent été accueillis comme des invités, parfois même comme des membres de la famille. Les gens venaient vers nous spontanément, posaient des questions sur le van, nous invitaient à partager un thé, un repas, un moment de vie.
En Europe, les interactions sont plus discrètes. On respecte davantage l’espace de chacun. C’est confortable, mais parfois un peu déroutant quand on s’est habitués à cette chaleur sociale.
Ce qui change sur la route en Europe :
- moins de curiosité spontanée autour du van ;
- plus de règles, de panneaux, de zones où le stationnement de nuit est encadré ;
- une plus grande facilité à rester “invisible” si on le souhaite.
Pour compenser, nous allons volontairement chercher la rencontre : discuter sur les parkings, échanger avec d’autres vanlifers, participer à des événements locaux, dormir parfois en campings familiaux.
Le rapport au temps et au confort
L’Afrique nous a appris à attendre, à gérer les imprévus : une piste coupée, un poste frontière fermé, une panne de réseau, un marché qui n’ouvre pas à l’heure prévue… Tout cela fait partie du quotidien.
En Europe, tout (ou presque) fonctionne “comme prévu” :
- réseau 4G quasi partout ;
- supermarchés abondants ;
- applications pour trouver des spots, des points d’eau, des douches, des laveries.
C’est confortable, mais cela peut aussi faire perdre un peu de ce sel de l’aventure. Alors, avec Manon, on se met quelques “règles de jeu” :
- se laisser des journées sans plan précis ;
- accepter de prendre parfois la petite route plutôt que l’autoroute ;
- limiter l’usage des applis pour garder une part de découverte spontanée.
De nouveaux lodges, une nouvelle façon de se poser
En Afrique, on a adoré alterner nuits dans le van et séjours en lodges pour recharger les batteries, profiter d’un peu de confort et de calme. En Europe, on veut garder cette alternance, mais en l’adaptant :
- petites maisons d’hôtes à la campagne ;
- écolodges en bois dans les forêts du nord ;
- chambres chez l’habitant pour créer du lien et sortir du cocon du van.
Ces parenthèses “confort” nous permettent aussi de travailler sur le blog, trier nos photos, écrire nos récits, et vous partager cette nouvelle facette du voyage : l’Europe vue avec des yeux transformés par l’Afrique.
Comment l’Afrique change notre manière de voyager en Europe
Ce qui frappe le plus, ce n’est pas l’Europe elle-même, mais le regard que nous portons désormais sur elle. Après avoir tout quitté pour traverser l’Afrique en van, nous ne consommons plus le voyage de la même façon.
Un minimalisme assumé
Nous avons appris à vivre avec le strict nécessaire : quelques vêtements, du matériel de base, notre van aménagé simplement mais intelligemment. En Europe, la tentation est grande de “se recharger” en équipement, gadgets et confort.
Pourtant, nous voulons rester fidèles à ce qui a rendu notre aventure africaine si forte :
- un van léger, facile à réparer et à entretenir ;
- peu d’objets, mais bien choisis ;
- la priorité donnée aux expériences et aux rencontres plutôt qu’au matériel.
Redécouvrir l’Europe comme si c’était un autre continent
Après l’Afrique, nous n’avons plus envie de “faire” un pays, mais de le vivre. Cela change tout :
- on reste plus longtemps dans des régions qui nous touchent ;
- on accepte de ne pas tout voir ;
- on privilégie les rencontres, les marchés locaux, les petits cafés de village.
L’Europe devient alors un terrain de jeu immense pour tester un mode de vie nomade sur le long terme, tout en continuant à rêver d’autres continents pour la suite.
De nouvelles inspirations de voyage à partager
Ce road trip en van à travers l’Europe après l’Afrique n’est pas seulement un changement de décor. C’est aussi l’occasion de générer de nouvelles idées, de nouveaux formats pour inspirer ceux qui nous lisent sur le blog.
Ce que nous voulons développer :
- des itinéraires détaillés combinant Afrique + Europe pour montrer que l’aventure peut se poursuivre d’un continent à l’autre ;
- des conseils pratiques pour ceux qui rêvent de tout quitter et de vivre en van, même en restant “seulement” en Europe ;
- des portraits de voyageurs croisés sur la route, africains et européens, qui ont eux aussi choisi une vie plus libre.
Notre objectif reste le même : prouver qu’un mode de vie minimaliste et nomade est accessible à tous, et que l’Afrique comme l’Europe peuvent devenir des terrains d’expérimentation pour une vie plus alignée avec ses rêves.
Si l’Afrique a été le point de départ de notre grande bascule, l’Europe en van est la confirmation que cette vie sur la route n’est pas une parenthèse, mais un choix de fond. Et ce n’est probablement qu’une étape avant de nouveaux horizons… que nous viendrons évidemment raconter sur le blog, depuis notre petit chez-nous sur quatre roues.

